Pourquoi parlons-nous d’Agilité d’affaires?

L’Agilité n’est pas une mode et il n’y a rien de nouveau dans cette façon de penser. En affaires, le succès d’une société dépend de sa connaissance intime des besoins de ses clients, de la qualité de ses produits et services, de son expertise et du savoir-faire de son personnel.

Sa capacité à innover, à prendre des risques calculés pour anticiper les nouvelles tendances et à s’adapter continuellement aux changements dans son industrie sont aussi des gages de réussite. C’est pour cette raison que l’Agilité s’impose comme la solution aux enjeux d’affaires d’aujourd’hui.

Que s’est-il passé de nouveau dans le marché?

Depuis plusieurs années, le monde des affaires vit un grand bouleversement suite à la mondialisation des marchés et à l’accélération des innovations technologiques avec le virage numérique. Grâce à Internet, les entreprises font face à une concurrence moins visible et plus féroce, dans un monde en perpétuel changement, à une vitesse jamais vue et dans un environnement de plus en plus complexe.

Seules les entreprises qui réussiront à se transformer pourront avoir une chance de s’en sortir et se démarquer. Les sociétés doivent réduire le temps de livraison de leurs produits et services, tout en générant le maximum de valeur à moindre coût pour leurs clients. Le fameux « Time to Market » est encore plus vrai aujourd’hui. Ce n’est plus une option mais une question de survie pour une société, afin de maintenir sa position ou devenir le leader dans son domaine.

Comment l’Agilité peut-elle devenir une opportunité?

Selon certaines études, l’Agilité est la 3e priorité d’affaires des chefs d’entreprises, après la gestion des talents et du changement. Les organisations qui sont Agile surpassent leurs concurrents grâce à une plus grande capacité d’innovation et d’adaptation aux changements, ainsi qu’à une meilleure exécution de leurs stratégies d’affaires.

Ce mode de fonctionnement s’avère particulièrement utile pour les PME car il repose sur les forces de ce type d’entreprise. Elles sont généralement plus flexibles et ont une plus grande réactivité, ce qui les aide à saisir de nouvelles opportunités d’affaires dans un marché imprévisible et changeant.

L’Agilité donnera donc aux sociétés une longueur d’avance et améliora la productivité de leur personnel. Ainsi, elles pourront garder leur avantage concurrentiel dans un marché en constante évolution.

De plus, contrairement à l’idée répandue, ce nouveau état d’esprit peut s’appliquer de manière plus étendue que dans le seul département des technologies de l’information. On peut la déployer dans le développement de produits, la conception et le développement de systèmes informatiques, la gestion des opérations, les projets de ressources humaines, les projets de finances, les projets juridiques et même pour la redéfinition du modèle d’affaires.

Vous l’aurez compris, l’objectif de l’Agilité d’affaires est de permettre aux entreprises de s’adapter le plus rapidement possible aux évolutions de leur environnement. Ainsi, elles assurent leur survie en augmentant leur capacité de livraison pour perturber les concurrents et créer un avantage concurrentiel plus fort.

Qu’est-ce que l’Agilité change?

Devenir Agile provoque un changement profond dans la culture organisationnelle. Ce nouveau paradigme demande d’abandonner graduellement certains repères, mis en place aux fils des années, pour créer de nouveaux comportements.

Toutefois, se limiter à mettre en place des outils et des méthodes est une très mauvaise stratégie pour débuter. Cette façon de procéder, plus facile et très courante, n’apporte jamais les résultats escomptés et peut compromettre la démarche de transformation en travaillant sur les mauvais objectifs.

Pour obtenir des résultats convaincants, il faut aller au-delà de la technique et se préoccuper, en priorité, des acteurs du changement participant à ce virage, et ce, à tous les niveaux hiérarchiques.

Pour mettre en place cette nouvelle philosophie de gestion, cela implique un travail d’accompagnement pour les former et développer de nouvelles habiletés, tout en créant un environnement propice pour modifier leurs façons de travailler et leur savoir-être.

Si la transformation se déroule bien, la culture de l’individu se modifiera graduellement au profit d’une culture collaborative.

En ayant des rôles clairs, les équipes développeront une plus grande autonomie et seront plus flexibles et capables de s’autogérer. Les membres d’une équipe sont les meilleures personnes pour moduler l’organisation du travail et s’engager à livrer régulièrement un produit, en fonction des besoins prioritaires des clients.

Les gestionnaires ne seront plus là pour diriger les équipes et contrôler ce qui est fait. Ils seront là pour orienter, aider et faciliter le travail afin de maintenir une plus grande cohésion. Les équipes seront capables de prendre leurs propres décisions pour avancer, sans avoir besoin de consulter la hiérarchie.

Pour les dirigeants, ce changement est majeur. Ils devront être tolérants et conscients du fait que la performance et la productivité des équipes ne seront pas au rendez-vous avant plusieurs mois. À court terme, ils devront, en même temps, respecter leurs engagements envers les clients et accepter que les équipes soient en apprentissage.

De plus, pour garantir le succès de la transformation, les dirigeants devront avoir une vision à long terme et supporter cette démarche. Ils devront démontrer de l’ouverture et de la confiance envers leurs équipes en leur permettant de procéder par essai erreur dans le développement de leurs apprentissages. Plus l’appui de la direction sera fort, plus les équipes pourront s’améliorer rapidement et mieux performer.

L’Agilité des affaires est une tendance lourde démontrée depuis quelques années et elle va s’accélérer dans le futur. Comme dirigeant, vous y serez confronté un jour ou l’autre, que vous le vouliez ou non. Soyez dans la chaise du conducteur plutôt que dans celle du passager. Saisissez l’opportunité de générer de la valeur, de la bonne façon, pour votre organisation.

Ainsi, vous devrez maximiser les retombées de votre démarche de transformation, augmenter les chances de succès pour la société, minimiser les risques à tout prix et générer du changement qui apportera de la valeur le plus vite possible.

Ne faites pas l’erreur de suivre un courant de pensée croyant régler tous les enjeux. Les théories ne se valident que par la pratique et l’adhésion de tous. L’Agilité est seulement un moyen qui n’échappe pas à la règle. Passer du « Savoir-faire » au « Savoir-être » est un défi qui demande de la vision, de la stratégie et une exécution exemplaire.

Et peu importe l’ampleur des investissements dans votre projet de transformation, vous devrez être en mesure de répondre à des questions importantes avant de vous lancer dans ce virage :

  • Quel est le niveau d’engagement et de support réel de la direction pour ce projet?
  • Est-ce que la direction comprend bien les enjeux, les stratégies et les retombées du projet à moyen et long terme?
  • Quelle est la place réelle de vos clients dans cette démarche pour obtenir une rétroaction continue?
  • Est-ce que vous comprenez bien la culture organisationnelle de votre société (le mode de fonctionnement actuel, le niveau d’engagement du personnel, les règles et le processus de décision, l’importance du travail collectif, etc..) pour être en mesure d’identifier les enjeux potentiels?
  • Est-ce que votre stratégie de transformation est suffisamment précise, à tous les niveaux hiérarchiques, pour donner une vision claire des objectifs et des résultats à atteindre à court, moyen et long terme?
  • Est-ce que les gestionnaires sont prêts à adopter cette nouvelle philosophie de gestion? Sinon, que vous faut-t-il pour les convaincre?
  • Est-ce que votre stratégie s’appuie sur les forces et les acquis à tous les niveaux de l’organisation?
  • Est-ce que vos équipes ont les compétences et les habiletés nécessaires pour réussir cette transformation?
  • Que devez-vous mettre en place pour former vos employés et développer leurs apprentissages, en créant un climat propice à la réalisation d’expérimentations?
  • Est-ce que le reste de l’organisation est impliqué dans votre projet et en mesure de suivre ce rythme accéléré de changements?
  • Quel est le niveau de maturité de votre entreprise pour gérer le changement?
  •  Avez-vous mis en place les mécanismes de gouvernance nécessaires pour suivre l’évolution de votre projet et mesurer le progrès sur les deux dimensions essentielles:  le savoir-être et le savoir-faire?

Si plusieurs questions sont sans réponses ou incomplètes, vous devez poursuivre votre réflexion avant de vous lancer, car votre risque d’échec est important.

Conclusion

L’Agilité n’est pas une panacée mais elle est là pour rester. Et comme toute démarche, ce virage stratégique doit fournir des résultats.

Cependant, rappelez-vous que le principe du « One size fits all » ne s’applique pas en matière de transformation. Il faut aller au-delà de la théorie (Méthodes : SCRUM, Safe, DAD, etc…) et porter une attention particulière à la culture organisationnelle et à la maturité de votre société pour réaliser ce changement en profondeur.

Le succès de votre démarche dépendra de l’engagement de votre direction, d’une vision claire et d’une bonne stratégie de transformation qui mise sur les forces de votre organisation, à tous les niveaux hiérarchiques.

Et seuls les résultats ou les retombées pourront augmenter la crédibilité, la confiance et la mobilisation de vos employés pour réussir ce virage. Ce changement graduel, concret et mesurable vous permettra de maximiser les investissements consentis dans votre projet, de vous rapprocher de vos objectifs et de générer plus de valeur pour votre organisation et vos clients.

Benoît Godbout

Benoît Godbout

Expert en transformation agile des entreprises

Dirigeant d’entreprise, coach et expert certifié en gestion du changement, Benoît Godbout détient des certifications internationales en agilité (ACP-PMI, PSM et DASM) et en gestion du changement (PROSCI). Il a également obtenu les titres d’administrateur de sociétés certifié (ASC), d’administrateur agréé (ADM. A.) et de professionnel en gestion de projet (PMP).